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2007/05/27

Mais, tissez, c'est sérieux...


Métissés sérieux, un petit calambourg sans prétention pour se détendre.


Il me permet toutefois de souligner que des peuples tissent encore leur vie sans aiguile et aux yeux des possédants, c'est tout à fait normal.


Hier, j’ai fait la rétrospective de notre rencontre pour réaliser que je t’ai fait aveuglement confiance et surtout oublié que j’ai toujours évité les caméras jusqu’à notre rencontre. Je ne t’ai pas dit dans le format que tu comprendrai aisément les raisons. Je t’ai aussi causé comme on cause à un ou une amie par un élan d’ouverture dont j’ai sans doute besoin.
La veille, mon véhicule venait d’essuyer les assauts des vandales. Un produit irritant avait été appliqué sur ma portière conducteur et hier j’ai trouvé le gant qui sans doute protégeait la main criminelle dans mon stationnement. Ce n’était pas la première fois que pareil incident se produisait et ne l'ai réalisé que quand j’ai analysé les autres situations où je n’avais pas accordé la nécessaire attantion aux méfaits et odeurs irritantes que j’ai senti à plusieurs occasions.
Très vite j’ai été malgré moi replongé dans les analyses des pratiques courantes par lesquelles les rwandais et autres criminels africains, réduisent au silence tous ceux qu’ils jugent nuisibles ou dangereux pour leurs pratiques inhumaines. Le simple fait que je connaisse un pan d’histoire rwandaise ne me laisse pas le loisir de dire ce que bon me semble ni dévoiler ce que je crois devoir témoigner.
À ta question sur mes cheveux, j’ai hésité en disant qu’il s’agissait d’une longue histoire. C’est la seule réponse à retenir et toute autre devrait être insuffisante.
Alors, naïvement, des gens de bonne volonté, comme vous et tant d’autres bien intentionnées se prêtent au jeu ou concours qui en bout de ligne peut s’avérer être un exercice d’identification de cibles.
Je veux savoir l’instigateur du projet et t’aider à finir ton film. Mais, nous devons revenir à la réalité, la mienne qui ne doit pas oublier que nous ne sommes pas sous les mêmes lois de justice et de protection. C’est un peu ce que je te racontais par l’anecdote des bagarres entre negros à l’Université à Montréal, sans parler des nombreuses morts silencieuses qui font taire nombreux par nous parce qu’il ont été un peu bavards.
Si tu lis la presse de ce samedi, tu dois avoir constaté un cahier sur les enfants soldats dans le cahier Plus. Cela fait quelques années que je porte ce projet et par bribes, ici et là, chacun amorce une pensée, un geste dans ce sens. J'ai mêm applique pour les bourses aux artistes, jamais un rond ne m'a été offert après plus de vingt ans de carrière. Je voudrai tant mettre en chantier ce projet dont tout le monde se gargarise sans jamais aller au coeur des causes et conséquences de ce fléau.
Le papier de Danny Laférrière de ce dimanche dans le cahier arts et spectacles devrait être lu et compris dans notre entretien sur l’intégration comme quoi, la boucle se boucle chaque fois qu’il y a concours de bonnes énergies.
J’ai parlé avec Le Docteur Julien et je lui ai causé d’enfants, des miens et ceux du monde. Le doc Julien a une adresse et est un pédiatre québécois respecté…un jour peut-être, il dira que tous ces enfants dont il veut être l’avocat viennent des cultures les plus variées et que chaque fois il faudra rester humble si on veut mieux les atteindre et les aider.
Pour la suite, l’essentiel dans nos histoires demeure dans les non dits et donc, il sera difficile de raconter la vérité sur les opprimés, sur les rescapés d'horribles crimes car ils s’entourent de secrets dûs à l’inquiétude et de garde-fous qui paraissent de prime abord insencés et pas toujours justifiés pour le pays hôte et pour les mœurs de la culture d’adoption.
La solitude publique face à la justice des uns est là et questionne nos conforts de sécurité. Ces temps-ci, j’ai senti cette sécurité faillir. Cet après-midi, un policier du poste 48 que j’ai contacté m’a dit sèchement qu’on ne peut rien faire et moi d’insister que légalement, on peut poser plainte contre inconnu, cette disposition existe bien dans les écritures des lois et exige aux outils de celle-ci de mettre en place des mesures de surveillance et de protection pour les personnes qui se sentent lésées, inquiétés dans leur quotidien. Dans sa fermeture, j'ai vite pensé que ce serait l'agresser de lui demander sa carte qu'il ne m'a pas donné, un reflexe plutôt automatique des hommes de loi.
Les minorités ont peur des outils de la loi car d’où qu’ils viennent dans leur majorité, ils n’ont jamais été protégés par la police et jamais par la loi.
J’ai insisté en précisant que j'étais bien dans mon quartier et le poste était le plus proche en vain. Railleurs, je suis retourné après m’être renseigné auprès du poste indiqué par le premier agent roux et visiblement hostile ou indisponible à faire ce qui est préscrit par la loi. Il a fini par compléter le fameux papier qui exige une attention particulière pour la sécurité de ma personne et de mes biens...sans conviction. L'ai-je lu? La distance à laquelle il l'a complété ne m'a permis de rien voir. Il ne m'a jamais donné un seul signe qu'un dossier de référence sera disponible, ce qui signifie donc, qu'il y a pas moyen de construire quoi que ce soit si par malheur un crime grave était commis sur ma personne.
C’est le chapitre de cet après-midi de dimanche … Un dimanche paisible pourtant pour la majorité…un dimanche où l’on pleure un autre compatriote mort cette fin de semaine. Comment expliquer ces morts qui se ressemblent? Personne ne le saura en moins de se rendre dans les marges étroites de tous ceux qui ne peuvent malgré tout s’intégrer.
C’est avec stupéfaction que le policier m’a considéré en m’ouvrant la porte verrouillée électriquement.
Je suis trop intégré au goût de ce dernier et j’ai senti qu’il n’aimait pas cette assurance que j’affichais de me sentir autant que lui, à l'aise avec la loi, chez moi et dans mes droits.

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