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2007/06/06

Des massacres rentables... faites large diffusion





Voici la mesure des graves problèmes qui empêchent l'avènement de la paix en Afrique centrale.
Nous savons que tous les acteurs sur place sont au courant de tous les crimes nommés et comment ils sont perpetrés, nous savons que des mains invisibles empêchent la stabilité de la région pour des raisons détaillés dans d'autres études, notamment, un dossier de l'ONU sur le pillage des richesses de la République démocratique du Congo.
Faut-il être aveugle pour ne pas constater qu'un génocide est en train de se faire sur le long terme et sous le nez et la barbe de la mission la plus lourde des nations-unies? Ne faut-il tout simplement pas être complice quand on assiste indifférent devant des massacres sporadiques mais répétés?
Tous ces milliards qui s'engouffrent dans les poches d'une mission bidonne devraient interpeler même les sourds et surtout les hommes de bonne volonté comme les nomment les evêques qui ont rédigé la note ci-dessous.
Nous ne pouvons plus accepeter qu'on continue à nous mentir face aux tragédies construites sur le pillage de l'Afrique par l'entremise des structures mensongères et des représentants inaptes et corrompus.
Tous nos efforts ont consisté à éveiller l'opinion internationale pour qu'elle reste vigilante envers cette région de l'Afrique centrale en connaissance de cause. Les moeurs barbares qui se sont réfugiés armés au Congo-Kinshasa servent désormais de prétexte pour les faiseurs de paix, des milliers d'ONG présentes, la MONUC en tête, maintienent-elles des situations par des fonds farmineux au lieu de mettre fin à l'insécurité en désarmant une fois pour toute les milices étrangères armées qui sèment la désolation, les viols, les massacres les plus ignobles ?
Il y a des choses inexplicables dans le dossier congolais qui exigent un sérieux levé de bouclier par les grandes puissances qui génèrent les fonds de la mission onusienne actuellement au Congo-Kinshasa.
Fallait-il peut-être leur demander des résultats concrets pour ne pas s'éterniser sans rien produire de positif?
Quand on regarde de près la mission de l'ONU au Congo-Kinshasa, il est impossible de ne pas avoir ce sentiment de colère et de haine qui sous certaines latitudes engendrent des extrêmes. Et ces extrêmes ne sont jamais loin quand l'arme passe dans les mains de l'opprimé dont on a violé la mère puis enterré vivante, massacré la famille, brulé le village.
Cela s'appelle vous REFUSER TOUTE DIGNITÉ ET HUMANITÉ. Et quand on vous refuse ce droit fondamental, vous pouvez tout faire, qui que vous soyez et où que vous soyez.

C'est ce que l'occident dans sa globalité n'aime pas comprendre ou n'a pas les facultés intellectuelles de comprendre, TROP ENGLUÉ DANS DES FUTILITÉ ET BERCÉ PAR UN CONFORT ENCULOSANT. Je sais, ça s'écrit comme ankylostome, et ce dernier est un vers intestinal. J'ai choisi ce mot pour le son, le sens et la brutalité du verbe inventé pour la circonstance. J'aime aussi ce confort et la différence réside dans le fait que j'ai le privilège de m'intéresser au bien être du prochain et de l'humanité toute entière pour comprendre et par dessus tout, j'ai le malheur de porter dans mon être, la douleur des miens.

Dans quelle langue devons-nous crier notre fatigue, notre ras-le bol pour que vous disiez que c'est assez et que vous utilisiez enfin la force contre ces rois nains, seigneurs de guerre et leurs complices? Il vous en restera du temps, beaucou de temps inutile pour débattre de la couleur de votre margarine.

Combien vous y gagnez pour garder le silence ? Des larmes de crocodile aux prochaines tragédies ? Assez de sensiblerie et ayez le courage de voir ce que nous voyons, ce que subissent nos frères et soeurs chaque jour que votre silence devient plus pesant.


Chryso

04.06.07
Message de l’Assemblée Episcopale Provinciale de Bukavu aux fidèles et aux hommes de bonne volonté. Après les élections, où en sommes nous ?


1. Nous, archevêque et évêques de l’Assemblée Episcopale Provinciale de Bukavu avons tenu notre session statutaire à la Maison Amani, dans l’Archidiocèse de Bukavu du 29 mai au 1er juin 2007. La population a encore frais à l’esprit la tragédie de Kaniola survenue dans la nuit du 26 au 27 mai 2007. Un nouveau massacre à grande échelle vient de faucher une vingtaine de vies humaines dont la plupart étaient des femmes et des enfants. Ils ont été taillés en pièces par des machettes, des haches et ont subi des traitements dégradants par une bande armée qui ravage la Région depuis une décennie.

2. Ainsi réunis, nous avons prié pour les victimes, pour leurs familles et imploré la miséricorde de Dieu sur notre population qui continue à être sacrifiée. Par la même occasion nous avons pensé partager nos préoccupations :

· avec les Autorités qui incarnent aujourd’hui les Institutions Républicaines issues des urnes ;
· avec les représentants de la communauté internationale ayant un mandat spécifique de protection des civils sur le territoire congolais et dotés de moyens conséquents ;
· avec les hommes de bonne volonté.

3. Le lieu de ce drame emblématique c’est Kaniola, une localité située à 55 km de Bukavu, donc à une heure et demie de route du quartier général de la dixième région militaire, et à 12 km de Walungu, cantonnement d’une brigade, avec détachements d’unités de la police et de l’armée sur les lieux même. Sans compter la présence sur place de la MONUC, qui a entre autres pour mandat la protection de la population civile, comme nous l’avons déjà dit.

4. Malgré cette constellation a priori plutôt favorable, les gens sont tués presque chaque jour comme des brebis conduites à l’abattoir (cfr Is 53, 7). Leurs bourreaux se livrent à de telles pratiques en toute impunité. Nul criminel n’a été pris en flagrance, ni puni, jusqu’ici, sur le plan judiciaire. Le silence et l’inaction des pouvoirs publics ont, dans ce cas, la saveur d’un crime de non assistance à personne ou à population en danger.

5. Mais Kaniola n’est pas un cas isolé dans notre pays. Ce qui s’y passe de manière récurrente et particulièrement cruelle est symptomatique des tourments quotidiens et des angoisses sans nom des populations congolaises qui en sont parfois à se demander si elles ont enfin de véritables Institutions républicaines et si elles peuvent vraiment compter sur elles.

6. Voici quelques exemples troublants :

· l’assassinat d’étudiants et de motards est devenu chose courante ces deux derniers mois, à Bukavu et à Goma ;
· les coupeurs de route sur la voie publique entre Goma et Lubero volent et tuent comme bon leur semble, sans être véritablement inquiétés, spécialement au point chaud de Mabenga, bien connu de tous les usagers ;
· les attaques à domicile terrorisent familles et communautés, et les forces de l’ordre n’arrivent que tard ou de toute manière, si enquête il y a, elles ne découvrent guère les criminels : tel fut le cas à Kavimvira dans la ville d’Uvira, et aux abords de la ville de Goma, dans les nuits de ces 17 et 24 mai respectivement. Il en est de même dans la ville de Beni ;
· dans d’autres cas, c’est pratiquement en public que se fait l’assassinat : tel fut le cas pour l’abbé Richard Bemeriki le 9 mars 2007, à Jomba, dans le Diocèse de Goma, lorsqu’il fut trié du milieu des autres et fusillé pour succomber un mois plus tard le 08 avril 2007. Et les coupables courent toujours, « introuvables » ;
· il en va ainsi de la liste interminable des crimes sans châtiment devenus le lot quotidien de nos quartiers et de nos villages.

7. Notre inquiétude s’accentue davantage quand on considère que le délit et le crime sont mutualisés par de véritables organisations bien connues et que ces positions sociales des criminels sont utilisées comme moyen courant et privilégié d’accéder au pouvoir.

· Les FDLR, par exemple sont une organisation politico-militaire bien connue, ses représentants sont pareillement bien identifiés, et leurs campements bien localisés ; mais nul ne les interpelle publiquement pour qu’il s’expliquent sur des crimes leur attribués sur la partie Est du territoire national ;
· l’armée régulière est elle-même commandée dans bien des cas par des officiers bien connus pour des crimes atroces perpétrés par eux dans un passé récent et qui leur sont comptés non comme des écueils, mais comme des atouts, des cartes à jouer ;
· des populations étrangères font irruption sur le territoire national, sans formalités, en inquiétant les populations locales au point de susciter un débat houleux au Parlement National. Mais passés quelques jours, le public n’a plus de nouvelles des suites réservées à l’affaire tombée aussitôt dans l’oubli, presque comme un fait divers : c’est le cas de vagues de populations soudanaises Mbororo ayant fait irruption en Uele à la grande inquiétude de nos compatriotes de ces circonscriptions ;
· des agents de l’ordre se seraient livrés à des massacres de populations dans le Bas Congo. Quel sort les pouvoirs publics leur ont-ils réservé à travers les Cours et tribunaux ?
· quelle suite les mêmes pouvoirs publics ont-ils réservée à l’affaire Kahemba qui pourrait compromettre le principe inviolable de l’intégrité territoriale et de l’unité nationale ?

8. Une fois de plus, l’opinion publique finit par avoir la sensation que notre pays demeure un Etat de non droit où tout est permis et où rien n’est véritablement sacré.

En outre, les gens en sont à se demander si la légitimité politique acquise au prix fort est à la hauteur de leurs attentes. Le retour à la légitimité constitutionnelle avait requis 5 longues années de dialogue intercongolais, 3 bonnes années de patiente Transition, 450 millions de dollars de frais électoraux, en plus des efforts gigantesques pour rééquiper l’armée après l’avoir soumise à un recyclage intensif.
Tout cela sans compter l’apport logistique présumé de la MONUC, la mission la plus massive des Nations Unies sur la planète, qui coûte bien un milliard de dollars l’an.

9. En dépit de tout cela le style de gouvernement ne semble guère avoir changé. La période postélectorale ressemble étrangement, à bien des égards, à la période préélectorale.
Il y a même risque de régression vers une nouvelle déstabilisation puisque les pouvoirs publics regardent et laissent pourrir des situations analogues à celles qui ont conduit aux guerres de 1996, 1998 et de 2004.

10. Dans ce contexte, nous dénonçons le silence et l’apathie de nos Institutions républicaines issues des urnes, à savoir le Chef de l’Etat, le Parlement National, le Gouvernement central agissant par notre armée, les Cours et tribunaux, les Gouvernements et les Assemblées des provinces. Quelque chose doit absolument changer dans nos mœurs politiques.

11. Nous, les évêques formulons en ces circonstances ces vœux et recommandations :

· que la population de la RD Congo redouble de vigilance comme dans le passé ; qu’elle accompagne activement ses élus sur les voies démocratiques de la sécurité, du développement et de la dignité humaine ;
· que les élus du peuple prennent davantage conscience de leurs responsabilité politique afin qu’ils méritent la confiance de leurs électeurs ;
· que la MONUC participe de façon crédible à la protection de la population civile, conformément à son nouveau mandat prolongé jusqu’en décembre 2007. Elle a pu accompagner la Transition, elle peut accompagner la consolidation de la paix et de la sécurité qui sont des préalables à la reconstruction;
· que la Communauté Internationale fortement représentée en République Démocratique du Congo ne dise pas demain qu’elle ne savait pas : nous la prenons à témoin ;
· que le Gouvernement considère le problème de la sécurité comme la priorité et qu’il cesse de distraire l’opinion du peuple avec des plans de négociations, de dialogues, de tables rondes qui n’aboutiront pas à grand-chose de vraiment pertinent. Nous avons consommé 5 ans de Dialogue Intercongolais qui a donné lieu à des Instituions légitimes habilitées à régler normalement ce genre de questions ;
· et surtout, que le Chef de l’Etat démocratiquement élu prenne pleinement en mains ses responsabilités institutionnelles.

12. En effet, «Un Etat qui revendique sa souveraineté (…) ne mérite le respect que s’il protège les droits de base de ses citoyens. Ses droits émanent des droits des citoyens ». Telle est la teneur du discours de Koffi Annan du 9 mars 2004 (cfr AFP).
En sens contraire, ce sont pareilles situations qui aliènent la souveraineté des peuples et fonde le droit d’ingérence. Si nous en arrivions là à nouveau, la situation constituerait un recul insupportable pour notre pays !

13. Nous, les évêques exprimons enfin notre compassion pour nos compatriotes plongés dans des souffrances répétées, et partageons l’espérance de bâtir ensemble un Congo respectueux de la dignité humaine où il fasse enfin beau vivre pour nous tous.

14. Que Dieu, par l’intercession de la Vierge Marie Notre Dame de la Paix protège le Congo et bénisse ses habitants.

Fait à Bukavu ce 01 juin 2007.

Pour la Province Ecclésiastique de Bukavu,

1. Mgr François-Xavier MAROY,
Archevêque de Bukavu

2. Mgr Faustin NGABU,
Evêque de Goma

3. Mgr Jean-Pierre TAFUNGA,
Evêque d’Uvira

4. Mgr Théophile KABOY,
Evêque de Kasongo

5. Mgr Melchisédech SIKULI,
Evêque de Butembo-Beni
La bêtise muette est insupportable...B.

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