Beaucoup d'encre a coulé pour leur état lamentable déjà et malheureusement peu en en a été sur les mentalités idiotes et attardés qui les peuplent.
Ça fait presque une minute quarante seconde que j'attend au coin de la rue Molson et Masson pour tourner à gauche, mais une espèce de confusion s'est installée au quadrilatère où la notion de céder le passage semble inéxistant dans le fonctionnement des automobilistes qui se sont donné rendez-vous à cet instant précis devant mon stop.
Tout ce qui manquait, c'est le gros obstacle habituel au coin de la rue, retenez l'autobus pour compléxifier la chose dans les têtes arides où l'impatience qui en ce moment y reglait sa loi.
Dans une décision d'instinct, j'ai opté spontanément pendant mon stop obligatoire, de surveiller les mouvements, regarder le spectacle, les hésitations de grand-mère au volant, des piétons téméraires; j'ai constaté que ceux qui sortaient du stationnement de l'épicerie n'étaient nullement en priorité de passer et chose bizarre, je ne me souviens pas avoir vu un panneau Stop dans ce coin. Enfin, c'est tout de même insensé, je crois qu'il y avoir un... Bof, que le monde s'en fout.
Dès que j'ai estimé que l'espace était dégagé de tout danger, j'ai amorcé de continuer ma route en tournant sur ma gauche quand une Honda civic rouge surgit en trompe pendant que j'étais engagé jusqu'au trois quart de la voie de gauche. Le conducteur de la civic avait décidé qu'il ne cédait pas le passage et a donc contourné devant moi, ce qui l'a obligé d'être en sens contraire dans la voix opposée à sa direction.
À cet instant même, où je me demandais comment on peut être aussi discourtois et stupide, un motocycliste avait surgi dans l'autre sens, et freinait sec derrière moi, pour éviter la collusion avec la civic rouge et l'arrière de mon VUS. Ce crissement de preins m'a fait réaliser qu'un grave accident a failli se produire à moins d'un pas derrière moi. Dans mon fort intérieur attendait dire boum en même temps que l'impact qui devait instamment arriver. Hélas...
À dix mètres de là, nous arrivions sur un feu rouge où m'a croisé le motocycliste. J'avais mes vitres baissées et c'est spontanément que ce dernier s'est adressé à moi.
Tu ne m'as pas vu !... Sans doute que que je t'ai pas vu ai-je répondu. Il a rajouté avec assurance, Il fallait faire attention. On ne peut être plus éffronté...
Voyez-vous, dans le calme que j'avais, j'ai pu constater que ce bonhomme d'air assez sympatique d'apparence avait besoin de dire sa peur mais j'étais surtout surpris qu'il se soit aussi ouvertement et clairement trompé d'interlocuteur.
Une fois arrivé à mon bureau, j'ai pensé que j'aurai pu l'inviter à partager une bière et là, je lui raconterai comment il a manqué de jugement en mourant devant un feu rouge.
Je lui aurai dit après avoir avalé son premier verre que s'il était là aussi longtemps que j'ai surveillé des débiles incapables de conduire normalement, je l'aurai sans doute remarqué.
Je lui aurai dit, car il m'a laissé l'impression d'un père de famille, qu'il doit faire plus attention aux autres au lieu d'attendre que ceux-ci lui accorde l'attention qu'il exige.
Qu'est-ce que cela lui coûtait de laisser passer le flot avant de s'encastrer dans la tôle avec sa bécane? En fait, il n'y avait plus que lui et moi, arrêtés par le feu rouge.
Alors, la leçon pour les jeunes et vieux amoureux de Honda Civic ou vieux cons tout court, ne passez pas avant d'être assurés que le passage vous est prioritaire.
Si votre voix est obstruée, et votre choix obstiné de passer devant tout le monde, vous ne perdrez pas grand chose en mourant demain. Et en cette priorité là, allez-y, passez tous, j'attendrai.
J'ai eu le temps de constater que le taré de la Honda civic avait son cellulaire vissé à l'oreille d'une main et l'autre au volant.
Pouvais-je m'empêcher de penser à ce mort et ç'aurait été un entrain de parler sur son cellulaire vu la hauteur de mon VUS et un Ninja de métal encastré dans sa parebrise.
Le motocycliste se serait retrouvé entre la ferraille de la Civic et le derrière de ma VUS, la tête en bouillie sur l'accottement. Quel salissage de la chaussée, elle déjà insupportable comme elle est !
C'est ainsi qu'ils ont mauvaise réputation les pauvres VUS. Ils se conduisent en effet différement des voitures légères ordinaires et malheur aux petites tailles dans la collusion car c'est leur poids et hauteur qui font les dégats. On ne s'en méfie pas assez comme on le fait pour les autres camions hélas.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire